Ces deux recueils antithétiques et indissociables, parus en 1558 et composés lors du séjour romain de Du Bellay, sont nés d'une même expérience du temps. Le poète des Antiquités - trente-deux sonnets à la mémoire d'une ville morte et de son illustre passé - chante la grandeur de Rome mais aussi sa fureur belliqueuse, son appétit de conquête et sa folie guerrière qui l'ont conduite à sa perte. Dans les Regrets, longue plainte composée de cent quatre-vingt-onze sonnets, Du Bellay avoue sa déception face à la Rome moderne, qui étale ses laideurs avec cynisme. Dérivant sans cesse vers le passé, le poète de la Pléiade éprouve l'inconsistance du réel et le pouvoir dévastateur du temps.