Le mouvement corporel, avec ses versants techniques, expressifs, émotifs ou sociaux, reste peu étudié dans les recherches ou les expositions sur la peinture et les supports imagés, alors que le sont davantage le portrait, l’espace, le paysage, le graphisme, la vie publique ou privée... Le mouvement représente un défi pour le peintre, l’affichiste ou le graveur, contraints de restituer une dynamique, alors même que le support dont ils disposent demeure statique. D’où l’enjeu majeur d’une « élaboration » très particulière, son recours à l’illusion, son jeu avec l’imaginaire, la perception, le sensible. D’où aussi un enrichissement progressif avec l’histoire, un lent affinement, pour mieux convaincre l’œil et le regard. Le mouvement corporel, par ailleurs, multiplie les formes et les registres d’actions : des efficacités aux esthétiques, des vitesses aux lenteurs, des mécaniques aux expressions, des métiers aux loisirs, des armes aux jeux, des particularités individuelles aux particularités sociales. De surcroît, son étude restitue des cultures, des visions du monde, révélant des univers différents de sensibilité et de pensée.Le projet de ce livre, étoffé d'une iconographie somptueuse et efficace, est alors de montrer comment, dans la peinture, la mise en image du mouvement corporel, depuis l’Antiquité, a été l'objet d'un approfondissement progressif de la dynamique du corps, associant à son insondable richesse esthétique, une richesse faite d’expression, d’émotion et de fonctionnalité. Un parcours visuel parfois délaissé mais extrêmement fécond, au cœur de notre histoire comme de notre modernité.