Dialect retrace cinq années de violence étatique vécue parneuf jeunes migrants marocains exilés dans des limbes kafkaïennesà Séville. Lorsque des migrants mineurs arriventillégalement sur le territoire et ne sont pas identifiés en tantqu’adultes, c’est l’État qui récupère leur garde, les soumettantà un long processus de un à trois ans avant de pouvoirobtenir un statut juridique.Dans cet état de suspension etde liminalité, Beltrán engage le corps comme métaphore,articulant minutieusement la photographie, la performanceet la collaboration. Le poids de ce temps mort s’inscrit surles épaules de ces jeunes hommes, et entre en dialogueavec leurs souvenirs, leurs voyages, ainsi qu’avec l’humiliantebanalité de l’attente et de la migration.