Monsieur "quelle que soit la question, la réponse est non", ne se dit même pas poète. Il laisse ça à l'insupportable Teboul, de notre actuel pov' monde. Réflexe anar ? Réac' de gauche à tout crin ?Pedro est friable aux mots, aux jeux ouliPop, ceux qu'il sait si bien lover "par le silence entrebâillé". Certains qu'on ne connaissait guère, pas plus que ces Rock'n'Roll bands d'hier, voire même d'aujourd'hui, dont il s'avère seul à parler.Si je peux me flatter de lui avoir fait découvrir Jean Lorrain, la liste de ceux qu'il cite époustoufle. Rarissimes au possible, voire plus que controversés ou Goncourus, qu'importe... c'est son souffle, son sang. Tant d'enthousiasme non feint, de capacité à s'immerger dans le grand bain lettré !De la fraîcheur encore, chez l'intransigeant : sa bonne humeur coutumière, de 11 heures du mat'. Dopée d'un sourire aux yeux brillants, mi-moqueur d'entrée, mi-ravageur prêt à s'esclaffer, de ses contrepèteries, rimes à brûle la bulle, ou de ses ricanements trop critiques. Constamment. Sur tout."Les épaules harassées par le fardier des jours" !?... c'est qu'il y a ici la beauté d'un romantisme du quotidien soigneusement dissimulé, mastoc. Puisque jamais toc. Et un feeling à vif, entièrement mis dans ses crucifixions de rimes.Enfin un qui porte haut «l'âpre autodafé des rêves mal logés».Silex étincelant, fragile et tragique à la fois, du sens frotté au sens.Pedro Carmona, "Par le silence entrebâillé", 106 pages illustrées, préface Carles Diaz, postface Patrick Scarzello, Deltae éditions, 18€ (quelques exemplaires de tête numérotés et signésavec une gravure originale hors-texte de Vappu Johansson, 35€)