Cithare des princes et des poètes
En 1962, un luthier japonais d’âge avancé, Mizuno Sahei, fait don au musée du Conservatoire de Paris de l’un des joyaux de sa collection, « aussi précieux que sa propre vie » : un koto datant du début du XIXe siècle qui aurait été fabriqué par l’un des plus grands maîtres facteurs, Tasuke II Kikuoka. Par ce geste, Mizuno Sahei voulait que l’Occident tout entier admire le raffinement de la culture musicale de son archipel. En revenant sur l’histoire de ce cadeau diplomatique entre le Japon et la France, Véronique Brindeau retrace l’histoire millénaire d’un instrument de prestige, loué dans les arts et la littérature classique, et longtemps joué par la seule aristocratie. Si l’instrument s’est popularisé, il porte la marque d’une histoire légendaire qui plonge ses racines dans la Chine du VIIe siècle.