Le livre exploite un ensemble documentaire peu courant : des archives familiales rédigées par un paysan au XVIIIe siècle dans une société où peu d’entre eux savent lire et écrire.Un « livre de raison » d’une grande précision dont l'essentiel tient en deux cahiers : l'un qui décrit, parcelle après parcelle, les semis et les récoltes, l'autre qui enregistre, mois après mois, les dépenses et les recettes. L'ensemble apporte une connaissance fine de la consommation et des prix, éclaire la production et les rendements agricoles, l’organisation du travail, les salaires et les rapports sociaux. Il ne reste qu’à rapprocher la vie de cette famille de ce que l'on sait de son environnement. En particulier la description des opérations de traitement de la laine permet d'observer le comportement d'un paysan/tisserand face aux injonctions du pouvoir qui tente alors de développer le tissage, fût-ce au détriment des céréales.D’autres documents illustrent le système particulier de transmission des biens du Gévaudan d’ancien régime, avec la désignation d’un héritier qui n’est pas obligatoirement l’aîné des garçons.Une approche micro historique permettant de montrer des évolutions discrètes, des tensions, des contradictions, dans une société rurale un bon demi-siècle avant la Révolution. Tensions entre l'intégration d'une société traditionnelle dans une économie de marché en gestation, entre tradition et "modernité"...