Elle revint à la réalité et brancha son portable sur la prise USB de sa voiture, puis choisit un morceau de musique. Elle n’eut pas le temps de le lancer quand elle vit passer une gamine, capuche sur la tête, courant très vite en direction de la rue. À sa droite, il y avait un groupe de garçons qui criaient des mots qu’elle n’entendit pas, puis ils se dispersèrent comme une nuée de moineaux. La jeune fille se prit les pieds dans ses lacets de baskets, qui n’étaient pas noués, et tomba lourdement au sol malgré sa petite corpulence qu’on imaginait sous ses vêtements confortables mais peu féminins. Ce qui était assez banal pour des filles de cet âge. Certaines, souvent les plus timides, avaient du mal à supporter les transformations de leur corps à l’adolescence. Elles portaient souvent des joggings ou des sweaters camouflant leurs seins naissants. Juliette sortit précipitamment de sa voiture pour venir en aide à l’adolescente. Quand elle arriva à sa hauteur, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’Emma, qu’elle n’avait pas reconnue dans sa course effrénée.Catherine Hacquard ressent le besoin d’écrire des romans du fait de son intérêt toujours croissant pour ce qui a trait aux relations familiales, notamment à la maternité, mais aussi aux transmissions intergénérationnelles et aux secrets de famille.