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Le livre d'Hénoch

Hénoch, Anonymes Et Autres
Publication date 14/04/2023
EAN: 9791041911950
Availability Available from publisher
Le Livre d'Hénoch (couramment désigné sous les appellations 1 Hénoch ou Hénoch éthiopien) constitue une compilation de textes pseudépigraphiques rattachés au patriarche antédiluvien Hénoch, mentionné au chapitre 5 du livre de la Genèse. Rédigé sur un... See full description
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Common books attribute
PublisherCULTUREA
Page Count154
Languagefr
AuthorHénoch, Anonymes Et Autres
FormatPaperback / softback
Product typeBook
Publication date14/04/2023
Weight209 g
Dimensions (thickness x width x height)0.90 x 14.80 x 21.00 cm
un écrit pseudépigraphique de l'Ancien Testament attribué à Hénoch l'éthiopien
Le Livre d'Hénoch (couramment désigné sous les appellations 1 Hénoch ou Hénoch éthiopien) constitue une compilation de textes pseudépigraphiques rattachés au patriarche antédiluvien Hénoch, mentionné au chapitre 5 du livre de la Genèse. Rédigé sur une période s'étendant du IIIe siècle avant notre ère jusqu'au Ier siècle de notre ère, ce corpus volumineux s'inscrit au centre de la littérature apocalyptique juive du Second Temple. La survie intégrale de ce document est assurée exclusivement par sa traduction en langue guèze (éthiopien classique). Les recherches philologiques démontrent que cette version guèze dérive d'une traduction grecque, elle-même issue d'originaux sémitiques (araméen et hébreu). Les fouilles archéologiques menées à Qumrân, dans les grottes proches de la mer Morte, ont mis au jour de multiples fragments manuscrits en araméen (notamment les manuscrits 4Q201 à 4Q212). Ces découvertes valident l'origine sémitique d'une vaste portion du texte et permettent de dater les couches les plus anciennes.Sur le plan canonique, l'Église orthodoxe éthiopienne tewahedo et l'Église érythréenne tewahedo intègrent le Livre d'Hénoch dans leur canon biblique scripturaire. À l'inverse, les traditions juives rabbiniques et les confessions chrétiennes occidentales et byzantines le classent strictement dans la catégorie des apocryphes, excluant sa lecture lors des offices liturgiques officiels.L'ouvrage assemble cinq sections distinctes, rédigées à des époques différentes, puis agglutinées par des rédacteurs successifs.L'explication de l'origine du mal constitue une composante structurante de la théodicée hénochique. À la différence des rédacteurs de la Genèse qui localisent la faute dans le jardin d'Éden via la transgression d'Adam et Ève, 1 Hénoch attribue la corruption absolue de la terre aux anges déchus. La violence, la guerre et la déviance morale dérivent de la contamination du savoir divin transféré par les Veilleurs.L'angélologie y est classifiée avec une extrême précision. Le texte énumère les archanges principaux et leur attribue des fonctions administratives sur les éléments naturels et les destinées humaines :Michel : préposé à la meilleure part de l'humanité et au peuple.Raphaël : préposé aux esprits des humains et à la guérison.Gabriel : préposé au paradis, aux serpents et aux chérubins.Uriel : préposé au monde et au Tartare (séjour des morts).Sariel (ou Phanuel) : préposé aux esprits des hommes qui pèchent contre l'esprit.La topographie de l'au-delà est cartographiée selon un plan sectorisé. Le Shéol est divisé en plusieurs compartiments hermétiques où les âmes attendent le jour du jugement dernier, séparant physiquement les justes des pécheurs selon un système de rétribution post-mortem.Réception, déclin et transmission moderneDurant l'Antiquité, le texte hénochique circule largement dans le bassin méditerranéen. Le Nouveau Testament intègre une citation littérale du Livre d'Hénoch dans l'Épître de Jude (versets 14 et 15). Plusieurs auteurs ecclésiastiques primitifs, à l'instar de Tertullien, d'Irénée de Lyon ou de Justin Martyr, considèrent le manuscrit comme un document valide et prophétique. Au fil de la dogmatisation et de la fermeture des canons bibliques hébraïque et chrétien, la littérature hénochique subit un rejet systématique. Jérôme de Stridon et Augustin d'Hippone s'opposent formellement à son usage, entraînant sa disparition totale en Europe occidentale durant le Moyen Âge.Le texte est réintroduit matériellement en Europe à la fin du XVIIIe siècle. En 1773, l'explorateur écossais James Bruce rapporte de ses voyages en Éthiopie trois copies complètes du manuscrit en langue guèze. Les premières traductions académiques sont éditées au XIXe siècle (notamment par Richard Laurence en 1821).