Assia Djebar, Tahar Ben Jelloun, Abdelwahab Meddeb, Boualem Sansal
Quelles sont les voix que donnent à entendre les oeuvres francophones ? D'où viennent-elles et que disent-elles de l'écriture, du sujet, et du monde ? Les oeuvres d'Assia Djebar, Tahar Ben Jelloun, Abdelwahab Meddeb et Boualem Sansal proposent de penser la voix comme source d'un imaginaire de la parole, comme forme de l'écriture, comme présence corporelle d'un sujet politique et éthique. Théorisée initialement par la critique de la vocalité pour désigner les nouvelles modalités du récit occidental au XXème siècle, la notion de voix apparaît chez ces quatre écrivains et écrivaine francophones du Maghreb sous de multiples dimensions : mise à profit dans des pratiques extra-littéraires (cinéma d'Assia Djebar et radiophonie d'Abdelwahab Meddeb), thématisée comme matrice de l'écriture ou intertexte fécond, fictionnalisée dans la prosopopée, la voix s'impose. Si les modalités de la présence vocale sont spécifiques à chaque oeuvre, chez les quatre auteurs et autrice la voix inscrit dans l'écriture le rythme et le souffle d'un sujet singulier. Empêché de se dire pleinement par le poids de l'Histoire coloniale et post-coloniale, le sujet passe par la parole du corps qu'est sa voix pour faire entendre son existence malgré les blessures de la violence historique.