Dieu, Histoire, Vérité : tel le phénix, le conservatisme renaît des cendres de cette trilogie. En architecture, ces trois prémisses compromettent encore aujourd’hui l’intellect de nombreux chercheurs, enseignants et concepteurs.Or, ne devrions-nous pas voir dans le message divin l’illustration manifeste et subversive de notre pouvoir de création ? Penser l’historicité comme la matrice du changement ? Considérer la volonté de vérité comme l’origine première de nos fictions régulatrices ?Dans cet essai, l’auteur met en scène un couple improbable, Nietzsche et Le Corbusier. Le philosophe allemand appelait à guérir la conscience européenne de sa maladie historique. Comme l’architecte pionnier des mouvements modernes, il prônait le retour critique au berceau de la civilisation occidentale, afin de mieux questionner l’héritage grec.Rejetant la sécheresse post-socratique et sa supposée vérité, Nietzsche et Le Corbusier célèbrent l’architecture comme l’éloquence même de la jouissance sensorielle, où jaillissent illusions et fictions, une véritable machine à rêves.