De l'expérience et de la représentation : le paysage
Le Libre parcours est une modalité mobile et incertaine du sens de la relation que nous avons à notre environnement. Il modifie, par l’expérience physique, la forme de l’espace en tant qu’elle est un objet perçu du monde et une représentation réalisée et remémorée dans l’instant même de cette expérience. Le paysage devient une saisie du réel qui ne se produit que dans un instant poétique.Ces deux versants différents de l’appréhension et de la compréhension du sens, se font par un ensemble complexe de relations. Le Libre parcours est alors un système tramé dans lequel le frottement à l’espace, les mémoires, les imaginaires, les savoirs, permettent d’introduire l’impureté, le flou parfois, qui sont les conditions de possibilité du partage de subjectivités. Vient alors un objet immatériel, articulé à une situation pourtant mondaine, que nous savons inépuisable et renouvelable à l’infini dans la manière que nous avons, chacun, de nous l’approprier.Le texte explore d’abord le paysage comme représentation puis comme expérience. La lecture de deux jardins fait ensuite passage pour faire émerger des significations cachées compréhensibles à travers l’idée du Libre parcours.Enfin, l’ensemble se présente comme un outil critique des discours, si ce n’est des espaces, pour un regard renouvelé sur le paysage, afin de montrer son opérationnalité par un nécessaire pragmatisme poétique : repère pour la compréhension et, du point de vue du concepteur – paysagiste mais aussi plasticien, musicien et poète en d’autres circonstances – pour la conception de nos espaces contemporains.