Fondements épistémologiques, institutionnels et politiques
Examinant les conditions de la mise en place de l’économie de marché généralisée dans l’Europe du xixe siècle, Karl Polanyi considère que le travail n’est que l’autre nom qui désigne la vie des êtres humains. Raoul Nkuitchou Nkouatchet conclut au même résultat sur le continent africain. Que l’on soit à Roumazières-Loubert, à Paris ou à Leeds, le travail est à l’intersection de pratiquement tout ce qui compte pour les individus. Il suffit d’entamer une conversation avec quelqu’un pour s’en apercevoir et dévoiler alors toute son histoire professionnelle… et personnelle. Clé de lecture essentielle pour comprendre la condition de chacun et chacune, le travail renseigne sur la santé, le bien-être ou le mal-être, la richesse ou la pauvreté, la joie ou la tristesse. En définitive, une amélioration de leur situation sociale n’est envisageable qu’au regard de leur rapport au travail. Sur tous les continents, le travail, c’est aussi d’une certaine manière la vie. C’est à cet égard que l’auteur a voulu établir dans cet ouvrage la filiation de la science du travail à partir de son objet initial, en caractérisant quelques traits de cette démarche qui se situe au croisement de la science et de l’action – sociale, économique, politique.