Nos terrains c'est la lutte
La crise sanitaire qu’a engendré le Coronavirus-19 nous oblige à comprendre quelles sont nos priorités. Dans ce contexte de repli sur l’essentiel, où toute action, aussi minuscule soit-elle, est signifiante, la lutte reste notre choix. Pourquoi persister à vouloir publier le numéro « Nos terrains c’est la lutte » du Journal des anthropologues, issu des mobilisations pour défendre nos métiers et nos idéaux de service public ?Ce numéro est né à cheval entre les luttes sociales de 2019-2020 et l’émergence sanitaire. Les mobilisations contre le projet visant les retraites, contre la réforme de l’assurance chômage adoptée fin 2019 et contre la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) nous poussaient dans la rue. La pandémie nous pousse à nous cloîtrer, et ceci seulement quelques jours après nos mobilisations. Nous pratiquons désormais la « distanciation sociale ». Une accélération de l’histoire que nul d’entre nous n’avait prévu.Notre consolation est que dans l’urgence absolue, nous comprenons plus que jamais que tout est lié. Au « jour moins 1 » du confinement, nous étions des Cassandre, hurlions sans être entendu.e.s, criions et agitions des pancartes contre des projets de lois tuant le service public, tous secteurs confondus. Doit-on rappeler qu’avant d’être applaudis et célébrés par les confiné.e.s depuis les balcons de France en signe de solidarité, nos personnels soignants étaient parfois battus par la police lorsqu’ils protestaient pour préserver les budgets des secteurs de la santé lors de luttes qui avaient tant en commun avec la nôtre …