Il y a quelque chose de magique dans le fait de capturer des images, lorsque le résultat est encore en suspens. Unecomposition formée d’opposés entremêlés. Cette dynamique du regard, du fait d’être vu, a le pouvoir de nous donnertout le sens dont nous avons besoin — une fois partagée, elle croît de manière exponentielle. Ta douleur n’est pas à moide la porter, mais elle peut nourrir ma tristesse. Je vois la confusion dans tes yeux, car je l’ai moi aussi connue. Regardede près, et tu verras que les cernes d’un arbre sont comme mes empreintes digitales ; les veines d’une feuille sontcomme les miennes. Le grand se reflète dans le petit, et le petit dans le grand. C’est un monde métaphysique que nouspouvons parcourir, brodé de ce que nous percevons comme ordinaire. La vie est belle parce qu’elle a la bénédiction dela décomposition pour exister. »Photographier les corps de ses proches, des arbres, des fleurs, des autoportraits, la mer ou le ciel est devenu pourMartens un moyen de figer le temps. Dans ses images fixes, elle cherche à capter des expressions corporelles deleur psyché. Qu’il s’agisse d’une vie animale interrompue ou d’un corps à jamais distillé dans un cadre, Martenstraque les vestiges de l’âme, de l’ineffable, dans des instants de mouvement suspendu. Pour ces sujets, elleutilise principalement des images photographiques, imprimées selon des techniques analogiques, mais aussid’autres médiums, tels que le texte, l’audio, l’installation, le livre et la sculpture.