Dans son premier livre, Filling in the Gaps, Marcus Gustafsson explore un récit profondément personnelet complexe autour de l’alcoolisme de son père et de ses répercussions sur lui-même et sur sa famille. Leprojet rassemble des souvenirs fragmentés afin de mieux comprendre les circonstances qui ont façonnésa vie et ses relations, tout en constituant une tentative de guérison, de réconciliation et de reconnexionavec une famille brisée. Il affronte la dualité de l’enfance auprès d’un parent alcoolique — le désir de s’enlibérer tout en restant lié par une histoire commune — ainsi que le vide laissé par la disparition de lafigure qui tenait la famille ensemble. L’ouvrage examine comment l’addiction transforme les dynamiquesfamiliales, laisse des traces durables et met à l’épreuve la possibilité d’aller de l’avant.Dans Filling in the Gaps, Marcus associe ses propres images à des photographies familiales d’archives.Son langage visuel, à la fois brut et stylisé, documente le quotidien et l’environnement de son père, touten retournant l’appareil vers lui-même, révélant la tension entre réalité et mémoire. Les photographiesfamiliales altérées — scotchées ou redessinées — deviennent des gestes de réappropriation, par lesquelsil insuffle sa voix aux souvenirs hérités.Filling in the Gaps est une exploration émotionnelle du traumatisme, montrant comment le fait de revisiterdes souvenirs douloureux peut ouvrir des chemins vers la réconciliation et une paix possible avec lepassé.