À l’ère des selfies, des images multipliées et omniprésentes dans les médias et sur les réseaux sociaux, un flot confus et bruyant de photographies finit par disparaître sans laisser de trace, dans un bruit de fond indistinct. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il existe en effet des images qui parviennent encore à nous regarder, à nous interpeller, à s’ancrer fermement dans notre mémoire collective. Ce sont celles que l’auteur appelle les « photographies du silence ». Ce terme ne désigne pas tant les images qui représentent des lieux enchantés et silencieux, mais les photographies qui savent créer un espace de silence en nous, un intervalle inquiet qui arrête et suspend nos regards et nos pensées, pour les ouvrir vers un ailleurs, vers un « indicible » qui nous désoriente et nous interpelle. Gigliola FOSCHI, journaliste, critique d’art et de photographie, enseigne l’Histoire de la Photographie à l’Istituto Italiano di Fotografia de Milan. Elle écrit actuellement pour le magazine Gente di fotografia, après avoir longtemps collaboré avec le quotidien L’Unità et de nombreux magazines d’art et de photographie. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages et textes pour des catalogues.