Après Facebook, le nouvel évangile de Zuckerberg, le Métavers, nous promet l’avènement d’une vie â??hybrideâ?? et améliorée, celle de l’onlife : une transitivité totale du monde réel dans le monde virtuel grâce au numérique et à l’intelligence artificielle. Un choc anthropologique. Il est primordial de dénoncer le véritable danger de cette dystopie post-humaine, danger qui échappe à beaucoup d’entre nous : le trou noir de l’online qui engloutit et digère la réalité offline, c’est-à-dire la vie telle qu’elle est. Sans régulation, l’ère numérique ne fait pas que désorienter , elle risque de déraciner l’humain de lui-même et de son environnement. Tout cela au nom de l’escroquerie qu’est l’Intelligence Artificielle, dont le but est de livrer l’humain à un réseau de gouvernement et de contrôle plutôt que de lui donner plus de «â??mondeâ??» et plus de liberté. Plongés dans cette dystopie, la seule issue possible est de «â??sauver la présenceâ??».Eugenio MAZZARELLA est un philosophe et poète italien, professeur de philosophie théorique à l’université Federico II de Naples. Interprète de la pensée de Martin Heidegger, il a été doyen de la faculté des lettres et de philosophie de Federico II de 2005 à 2008, année où il a été élu député du Parlement italien.