Ce roman est celui d'une ville libanaise, Tripoli, et également celui d'un personnage homosexuel, Nabil. D'une part, une ville pleine de contradictions, avec ses transformations sociales et politiques de 1947 à nos jours , de l'autre, un personnage marginalisé, et, à travers lui, des entités minoritaires dans ce tissu urbain, tels les juifs, les chrétiens et les alaouites? L'auteur a travaillé pendant cinq années à la rédaction de ce roman pour parvenir à condenser, grâce à un procédé d'évocation poétique et synthétique, ses recherches historiques et sa vaste galerie de personnages (plus d'une quarantaine, comme il aime à le préciser lui-même) en 110 pages, denses et truculentes. Le récit entrelace les complexités socio-historiques et les scènes très pittoresques de la vie populaire quotidienne, rehaussées par des dialogues en langage parlé propre aux habitants du Nord libanais. Malgré des scènes et des propos très réalistes, ce n'est pas un roman sur l'homosexualité, et surtout pas un roman érotique. C'est plus un roman historique qui suit la trajectoire tragique d'un homme qui n'a pas réussi à trouver sa place dans un Orient discriminatoire.