Gravir la montagne avec une jeunesse populaire
Bien avant d’être mise en lumière par les performances sportives relayées sur les réseaux sociaux, la montagne a d’abord été investie par des acteurs socioéducatifs de l’éducation populaire. Ce faisant, leurs initiatives se sontinscrites dans une histoire plus discrète de la montagne.Cet ouvrage explore l’un de ces dispositifs à Grenoble, impliquant notamment des MJC et des centres sociaux de quartiers populaires. L’objectif est de sensibiliser dejeunes urbain•es à une montagne proche, mais éloignée de leurs pratiques quotidiennes. Une expérience dedécontextualisation leur est proposée, via des activités inédites comme l’alpinisme.En participant à ces excursions, Léa Sallenave suit des jeunes qui négocient leur place dans un milieu où elles•ils ne sont pas attendu•es. Alors que l’imaginaire de la montagne s’est construit autour des récits degroupes sociaux privilégiés, l’éducation populaire contribue à rendre visibles d’autres trajectoires dans un espace alpin récréatif, souvent perçu comme neutre,libre et apolitique. L’analyser d’après des rapports de domination peu explicités apporte un nouvel éclairage sur la diversité des situations vécues.