Les agriculteurs sont devenus, à leur corps défendant, des prolétaires, victimes de la modernisation à marche forcée de l’agriculture française. Telle était la thèse, audacieuse et polémique, défendue par l'auteur dans ce livre sorti initialement en 1970. Au sein de la FNSEA, Bernard Lambert était un frondeur redouté et redoutable. L’intérêt de ce livre, qui fit date et fut traduit en plusieurs langues, tient davantage au souffle qui le portait qu’aux prédictions qu’il contenait. Un souffle qui appelait les travailleurs et travailleuses à nouer des alliances et à aller au-delà des intérêts corporatistes. Un souffle qui appelait les syndicats à assumer une double besogne : la défense des revendications d’un côté, la promotion d’un modèle émancipateur, de l’autre. Et ce souffle-là n’a rien perdu de sa pertinence.