C’est le pays — notre esprit en soit le secret. Ses chemins prennent leur temps. À qui prête l’oreille, ses ruisseaux sont bavards. Ses nids sont les chants tressés des oiseaux. Oh, juste voir l’âne y lécher un mur heureux ! Juste voir l’abeille à sa lubie, une clef dans chaque fleur ! Un pays, même errant dans notre vie, même réinventé, ajoute à nos chances de la sérénité. On se confie à ses songes ; on chérit ses lueurs comme ses ombres. On y consacre ses abris. Chaque brume est une liesse. Nous allègent ses plaines et ses collines où nous devenons l’herbe, le caillou, la pluie et leur divination. Pour transporter quelle mélopée de la caverne originelle ? Nous sommes là, certes présents au monde, mais si peu qu’il suffit d’un pays, qu’il suffit d’une maison, qu’il suffit d’un nuage…Le pays d’Alain Breton n’est-il pas, depuis l’origine, celui de l’émerveillement ? De la quête du Merveilleux ? Tout tend, encore, ici, une nouvelle fois, à le confirmer.Alain Breton a obtenu le Prix Mallarmé 2024 pour son livre « Je ne rendrai pas le feu » paru aux éditions Les Hommes sans Épaules.Christophe DAUPHIN