L'Institut universitaire de hautes études internationales sous la direction de Jacques Freymond (1955-1978)
Elle souhaite devenir diplomate. Partie de Malaisie pour étudier aux États-Unis,Guat Hoon s'installe en 1966 dans la capitale diplomatique de Genève où elle reçoitune formation destinée aux futurs cadres nationaux et internationaux à l'Institutuniversitaire de hautes études internationales (IUHEI). Depuis les années 1950, cedernier accueille de nombreux étudiants venus d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latineet du bloc de l'Est, afin de répondre aux défis des décolonisations et de promouvoirle dialogue Est-Ouest. Cette démarche reflète également la volonté de repenserles missions de l'institution, fragilisée par les bouleversements de la Genèveinternationale après la Seconde Guerre mondiale, et de les adapter au monde de laguerre froide. À la tête de l'Institut, l'historien Jacques Freymond, ancien journalisteen affaires étrangères, lui donne un nouvel élan. Il bénéficie du soutien des fondationsphilanthropiques américaines et des autorités suisses qui cherchent notamment àcontrer le communisme et à promouvoir l'internationalisme libéral en finançant desprogrammes universitaires. Les outils éducatifs, tels que les échanges académiquesou les bourses, pensés pour influencer, produisent de réelles coopérations inter- ettransnationales que cet ouvrage propose de retracer.