Le XVIIIe siècle est tout entier traversé par un combat contre la superstition. À vrai dire, ce n’est pas un seul combat, mais plusieurs, qui se relaient et s’emboîtent. Chronologiquement, la première figure en est l’épuration de la religion conduite par les hommes d’Eglise, bien avant que les Lumières ne fassent de la superstition un des motifs de leurs attaques contre le christianisme lui-même, ou que la Révolution française ne tente de forger un nouvel homme libéré des «mômeries» . Les études recueillies dans ce volume, fruit des travaux et des échanges d’une équipe de recherche de l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand proposent de visiter ce dossier de manière plus approfondie, en croisant l’apport de diverses spécialités (histoire, littérature, iconographie, musique, théâtre) et en prolongeant l’investigation hors des frontières de la France. A partir des définitions et des usages de la notion de superstition, elles tentent de comprendre les mutations et les conflits dans les savoirs, les croyances et les systèmes de valeurs et donc de percevoir les évolutions majeures de la culture de l’âge des Lumières.