En parallèle à son œuvre de biographe et de romancier qui lui vaut la notoriété. Guy de Pourtales (1881-1941) poursuit, entre les deux guerres, une importante activité de chroniqueur culturel. De 1913 à 1940, il ne publie pas moins de trois cents articles dans quelque quarante revues et journaux, français et suisses.La production journalistique de Pourtalés s'intensifie à partir de 1932, alors qu'il travaille à La Pêche miraculeuse. Dans ces années ou, gravement atteint dans sa santé, il partage son temps entre Paris. Etoy, dans le canton de Vaud, et la clinique de la Moubra à Montana. il accepte en effet deux collaborations régulières: il tient la «Chronique musicale» et rend compte de l«Actualité littéraire» dans Marianne, hebdomadaire de la gauche républicaine lancé par Gallimard, avant que La Presse, quotidien de la droite antisocialiste. n'ouvre chaque semaine trois colonnes à l'«Article de Guy de Pourtales»Une trentaine de chroniques sont réunies dans ce recueil. dont le titre évoque les grands axes de la France, de l'Allemagne et de Genève autour desquels tourne l'intérêt de Pourtales: l'incendie du Reichstag. l'affaire Stavisky, la construction du Palais des Nations.Qu'il s'alarme de la montée du nazisme, qu'il fustige les désordres de la Troisième République ou qu'il doute du pouvoir pacificateur de la S.D.N., Guy de Pourtales se révèle un témoin de son époque, attentif aux oscillations du présent. inquiet de l'avenir, nostalgique plus encore. Il observe la crise qui ébranle l'Ancien Continent et pressent, non sans effroi, les dangers qui le menacent. Toutefois, l'Europe dont le sort l'angoisse n'est ni politique ni économique: hanté par la faillite de la civilisation. de la pensée et de la culture judéo-chrétiennes, les valeurs qu'il défend sont spirituelles, intellectuelles et artistiques. Si son goût pour l'Histoire fait de Pourtalès un écrivain impliqué dans son temps, le commentaire, sous sa plume, n'a pas de visées ouvertement idéologiques, mais bien plutôt éthiques et esthétiques.