La trentaine, Céleste sort de psychiatrie, s’installe à Briançon au-dessus de chez Églantine, mère divorcée de deux jeunes enfants, obtient un poste de mécanicienne dans un garage, achète des fleurs pour se soutenir le moral et se lance dans l’escalade. Évidemment, rien ne se passe tout à fait comme prévu, la vie s’arrange toujours pour améliorer les choses alors qu’on pense le contraire, le temps opère silencieusement son travail de consolation et de guérison.Troisième roman d’Ariane Goupil, après Ombeline (2017) et Olga (2021), tous les deux également consacrés à une jeune femme confrontée à un destin qui semble lui échapper, Céleste met en scène son héroïne avec un brio et une énergie enthousiasmants. Les situations se succèdent, les personnages défilent, les lieux (la montagne majestueuse, imperturbable) marquent leur empreinte, les émotions tourbillonnent, et Céleste avance dans sa nouvelle vie pour émerger petit à petit d’un passé qui la ronge. Si rien n’est jamais définitivement gagné, il reste le goût de cet accomplissement tant recherché sans savoir où il se cache. Ariane Goupil démontre une remarquable maîtrise de sa narration, et les protagonistes, les sujets (l’anorexie, la mécanique automobile, l’alpinisme…), les péripéties, les dialogues, tous font mouche à chaque fois, tandis que pèse inexorablement le poids de l’existence.Ariane Goupil est née en Guadeloupe et a grandi sur un voilier autour du monde. À 18 ans, elle quitte la Nouvelle-Calédonie pour la France afin de faire ses études. Après un doctorat en santé publique, elle est maintenant chercheuse en santé polaire et vit entre le Groenland, le Canada et les Hautes-Alpes. Elle est déjà l’auteure chez Cent Mille Milliards d’Ombeline (2017) et d’Olga (2021).