« Il continue et sa voix se fait plus sourde, comme si les mots peinaient à sortir. Il raconte Paul retrouvé seul et effondré de chagrin dans son village en ruines, Monica s'enfuyant avec dans ses bras un petit frère déjà mort, Hannah silencieux pendant plusieurs jours à son arrivée ici, comme s'il avait perdu la voix à force d'avoir trop pleuré. Il me parle de Ziad survivant plusieurs jours entre deux murs à moitié calcinés après l'incendie de son village, et de Jade qui hurlait à chaque fois que la nuit tombait, comme si elle allait ramener avec elle l'épouvante des bombardements.Il décrit les blessures de ces enfants innocents que la guerre a dépouillés de ce qui les faisait grandir. Ces enfants qui voudraient mourir car c'est injuste d'être ainsi épargné et privé de tout, et surtout de l'amour de ses parents. Ces enfants à qui il faut d'abord redonner goût à la vie, et qui se montrent ensuite formidables de joie de vivre. » Dans ce premier roman, Anne de Brescanvel, dont l'écriture