Parce qu’une voix intérieure lui dit qu’il ne sculptera plus, Abraham Aboulafia (qui pourrait être la réincarnation du cabaliste du 13e siècle ou le cabaliste lui-même qui a traversé les siècles), pousse la porte peinte devant laquelle il passe tous les jours… et elle s’ouvre. Commence alors la traversée d’un Paris définitivement disparu, et dont des traces subsistaient encore à la fin du 20e siècle. De la Bastille au Jardin des Plantes, de haut en bas et de long en large, Paris, sujette à mille métamorphoses, tour à tour ville antique, aquatique, ville de feu gouvernée par une gigantesque roue de loterie, ville saline, peuplée de rêves et de rencontres insolites, ville qui abrite en elle les chiffres que l’on retranche, qui cache l’exacte dimension du temps dans ses bibliothèques de livres blancs, ville qui, à « l’heure dite », fait entendre les paroles de la nuit et révèle à celui qui la parcourt les données algébriques de « l’éternel éphémère ». Aboulafia en fera-t-il alors la sculpture ?Paru pour la première fois en 1988, La porte peinte reparaît aujourd’hui en poche dans une version revue par l’auteure et par son personnage.Patricia Farazzi a publié plusieurs ouvrages à L’éclat depuis 1985. Son récit L’Archipel vertical (2006) a été repris dans L’éclat/poche en 2025.