Après la désindustrialisation, la fin de la souveraineté ?
Selon le London Stock Exchange Group, la France a perdu le contrôle d’environ 17000 entreprises entre 2016 et 2025 pour un montant de 680 milliards de dollars. D’autres sources aboutissent à des résultats un peu inférieurs, mais la France est restée en 2025 – et pour la septième année consécutive – le premier pays d’accueil des investissements étrangers en Europe. Or, les effets de cette transformation sont désormais visibles : dépendances industrielles, vulnérabilités énergétiques, fragilité des chaînes d’approvisionnement, perte d’influence dans les secteurs stratégiques, atrophie de notre influence politique…Le monde qui se dessine sous nos yeux ne ressemble pourtant plus à celui qui a justifié les abandons passés. Partout, les États redécouvrent les instruments de puissance économique.Laurent Izard montre que la France se trouve désormais à un point de bascule. Elle peut continuer à gérer les conséquences d’un mouvement qu’elle ne maîtrise plus vraiment, en ajustant à la marge un modèle devenu fragile. Ou bien elle peut tenter de redéfinir ses priorités, ses instruments, et au fond, sa conception même de l’économie.Ce livre ne prétend pas apporter des réponses simples à des questions complexes. Il propose de comprendre d’abord ce que signifie concrètement cette perte de contrôle économique et de passer ensuite à l’examen des conditions de possibilité d’une reconquête. Non pas dans une logique de nostalgie ou de repli, mais dans celle d’une lucidité stratégique.Car il ne s’agit plus seulement de comprendre comment la France a été « vendue à la découpe ». Il s’agit de savoir si, et comment, elle peut encore recouvrer sa souveraineté.Agrégé d’économie, Laurent Izard enseigne en classes préparatoires. Il est l’auteur de plusieurs livres dont La France vendue à la découpe (L’Artilleur, 2019).