En 2026, en France, l’INSEE, en collaboration avec la DREES, estime à 300 000 le nombre de personnes vivant une précarité résidentielle extrême, c’est-à-dire sans domicile. Le 31ème Rapport sur l’État du mal-logement, publié par la Fondation pour le Logement, recense plus de 4,2 millions de personnes mal logées, dont 700 000 personnes dans les départements et régions d’Outre-mer. Ces chiffres, transcription statistique de la réalité quotidienne d’êtres humains, s’accidentent avec une autre réalité géographique, écologique, celle de la menace de disparition de l’espace vierge de trace humaine. Il est apparu déterminant d’interroger les conditions sociétales contribuant à ce que coexistent à la fois la conquête par la domestication des espaces et l’absence ou la précarisation des abris. En nous appuyant sur des situations de clinique temporo-spatiales et afin de saisir les enjeux contemporains de la notion de terre habitée, nous tenterons d'explorer le continuum entre s’abriter, s’habiter, se loger, dans des allées et venues entre le singulier et le social, le groupal et l’institutionnel.