Dans ce numéro, il est surtout question d'œuvres sous le « regard » de spectateurs ayant diverses compétences mais intéressés par l'usage des concepts analytiques pour appréhender ce qu'ils ont vu. Les articles du dossier sont issus de la troisième biennale Psychanalyse et Cinéma organisée par Michèle Benhaim en 2025 sous le titre « la caméra engagée ». Et effectivement, les auteurs ont choisi de parler de réalisateurs engagés du côté de l'irreprésentable, avec des films dans lesquels le réel est convoqué : la guerre, l'explosion nucléaire, le monstrueux, le suicide d'un père, ou bien la pulsion dans toute sa violence. Dans cette perspective, il est question autant de l'auteur de l'œuvre cinématographique que du spectateur capté par ce qui lui est donné à voir et qui le regarde. En contre-point, un article interroge la capacité d'une œuvre chorégraphique à « renverser Thanatos ». Car se pose la question de la fonction thérapeutique de l'œuvre artistique, ou de sa fonction de liaison face à la pulsion de mort.Des textes cliniques, où il est question de deuil périnatal, de travail avec les angoisses archaïques, du surgissement de souvenirs enfouis qui sidèrent et submergent, complètent ce dossier.