Cenuméro est consacré à la notion de fétichismegénéralisé, développée par Sarah Kofman à partir deson dialogue avec l’œuvre de Jacques Derrida. Cette notion invite à penserautrement notre rapport aux objets, aux valeurs, aux croyances et aux idéauxqui structurent nos vies individuelles et collectives. Enremettant en question l’opposition entre illusion et vérité, elle interrogeaussi bien les fondements de la psychanalyse que ceux de la pensée marxiste.Àpartir de cette perspective, il s’agit de repenser des questions centrales :comment comprendre les mécanismes de domination et d’attachement qui traversentnos sociétés ? Comment envisager l’émancipation si l’on ne peut jamais selibérer totalement des fictions, des fantasmes ou des systèmes de croyance quinous constituent ? À l’heure où émergent sans cesse de nouvelles formes defétichisation, ce numéro explore les ressources critiques et politiquesoffertes par cette pensée, ainsi que l’actualité du concept de fétichelui-même.