Deux livres de haut niveau ont paru dans les dernières décennies, qui mettent en lumière l’influence que Kant a exercée sur la pensée française.Mais Lautréamont a passé entre les mailles du filet. Ce qui est compréhensible, car les Chants de Maldoror sont la dernière œuvre littéraire où l’on s’attendrait à trouver, fût-ce de manière cryptée, des réminiscences de la Critique de la raison pure. Les cours donnés à l’Université de Genève par Jeanne Hersch et René Schaerer familiarisèrent Jean-Marc Moret avec le philosophe de Königsberg dont il n’eut ensuite de cesse de consulter l’immense littérature. À sa première lecture de Lautréamont il constata, avec une certaine stupéfaction, les corrélations entre les deux auteurs. Décidément, Lautréamont n’en finira jamais de se jouer de nous, quand nous croyons l’avoir définitivement mis au jour.