Une histoire européenne du Groupe de Coppet
Mai 1804, à la mort de son père, Jacques Necker, Germaine de Staël revient à Coppet, le château des Necker en Suisse, où elle va vivre dix ans d’exil. Défiant Premier Consul et Empereur, elle fait du lieu d’exil une terre d’accueil ouverte aux plus brillants esprits européens. Le « Moment Coppet » est bref (1804-1817) et d’une intensité rare mais rien ne s’y cristallise en groupe identifiable, le terme « Groupe de Coppet » n’émergera qu’un siècle plus tard. Coppet accueille alors une sociabilité d’exil, un laboratoire d’intellectuels réunis par la Dame de Coppet et un mode de vivre-et-penser-ensemble pionnier. Pour saisir la nature du collectif en place et l’émergence d’un esprit de Coppet perçu comme la « signature de l’époque », il faut évoluer entre le microcosme qu’est le « groupe » en gestation et le macrocosme Europe en plein remaniement. Comment le creuset originel qu’est alors Coppet génère-t-il une opinion publique transnationale, cosmopolite, par quels moyens redéfinit-il la cartographie transculturelle de l’Europe du moment et quel héritage offre-t-il à une postérité qui l’a longtemps ignoré ?