Voyager ou découvrir est une aspiration majeure de l’homme. Diderot est toutefois sceptique sur l’utilité des voyages et sur la crédibilité des récits de voyageurs déjà dans ses premières œuvres de fiction et dans les articles des premiers tomes de l’Encyclopédie. Vivre en voyage perpétuel signifie vivre en marge. De plus, l’incitation au voyage est le résultat de passions souvent nuisibles. Cette réflexion s’amplifie au fil de l’œuvre de Diderot et surtout dans ses contributions à l’Histoire des deux Indes. Le désir de voyager apparaît comme un motif néfaste pour l’humanité qui déclenche dans une certaine mesure le colonialisme. Pourtant l’enthousiasme se mêle parfois à la critique : le voyage de Diderot en Hollande et à Saint-Pétersbourg marque sa pensée politique. Ce livre tente de faire la synthèse de cette problématique dans l’œuvre de Diderot, allant de la fiction vers le discours philosophique et politique de la dernière décennie de sa vie.