« Alors qu’auparavant, écrit Charlotte Delbo qui a composéce recueil, l’indignation explosait en manifestations et enactions collectives, elle n’a plus aujourd’hui le moyen des’exprimer... Il n’y a plus de vie politique... Privé d’autresmoyens d’agir on écrit des lettres. Il s’agit de correspondances publiées, depuis 1958 pour la plupart, à propos defaits ou d’articles concernant la guerre d’Algérie, à proposde La Question, du Manifeste des 121, de Francis Jeanson,de Georges Arnaud… entre autres sujets.Parmi les textes rassemblés dans Les Belles Lettres certainsn’avaient jamais été publiés dans leur intégralité. Quelques-uns auraient mérité une diffusion plus large que celle quileur fut accordée. Ainsi, par exemple, la lettre adressée pardom Robert Gillet, bénédictin, à Laurent Schwartz après sesdémêlés avec le ministre des armées.D’autres messages –comme les derniers mots des exécutésde Montluc ou de la Santé– sont tragiques et graves, peuconnus eux non plus [...] ces Belles Lettres, pour la plupart,valent d’être lues et relues. »A.J, Le Monde, 9-10 avril 1961