Florence, 1489
Pacifico Massimi doit à son exceptionnelle longévité d’avoir traversé le Quattrocento. Humaniste, poète, pédagogue, soldat à l’occasion, il a maintes fois parcouru l’Italie, du royaume de Naples à Florence, en passant par Rome, Lucques, peut-être Milan, à la recherche d’un mécène et d’une carrière qui lui assureraient aisance et quiétude. L’errance et la fortune contraire lui soufflent même de quitter l’Italie pour se mettre au service du sultan de Byzance. C’est cette vie instable qu’évoque son premier recueil des Cent élégies publié à Florence en 1489. Mais le poète compose surtout une œuvre polyphonique d’une étonnante variété de ton, une fresque inattendue des maux et turpitudes du temps : si Massimi pratique parfois l’élégie amoureuse héritée des Latins, il la travestit par la pornographie des Priapées, la colore aussi de la verve épigrammatique d’un Catulle et d’un Martial. Cette liberté de ton, partout affichée, surprend et appelle une lecture renouvelée d’une œuvre qui révèle une facette méconnue de la Renaissance italienne, entre obscénité, irrévérence, humour féroce et désillusion. Ce volume reproduit intégralement l’édition critique de Juliette Desjardins (1986), aujourd’hui épuisée, et y adjoint une présentation de la poétique générale du recueil par Anne Bouscharain, précédée d’un préambule de Stéphane Toussaint.