« Vers le milieu de la nuit, nous fûmes réveillés par le cri de :Terre moto ! Terre moto ! »Après la Sicile du Speronare et avant Naples du Corricolo,Alexandre Dumas poursuit dans Le Capitaine Aréna sonexploration du royaume des Deux-Siciles. Partant de Palerme,il fait voile vers les îles Éoliennes, affronte les tempêtes dudétroit de Messine et découvre une Calabre dévastée par lesséismes.Plus sombre mais aussi plus fourni en aventures que lesautres volumes des « Impressions de voyage », le récit mêleaux plaisirs de l’expédition les épreuves de la catastrophe :villages ruinés, populations errantes, pénurie, violence deséléments. Des paysages volcaniques de Stromboli et Vulcanoaux processions expiatoires de Cosenza, Dumas compose untableau saisissant d’un Mezzogiorno encore peu connu desvoyageurs européens.Mais, comme toujours, le réel se transforme en récit, à lafrontière du reportage et du roman d’aventures. Histoires debrigands, anecdotes populaires, portraits, épisodes historiqueset rencontres inattendues se succèdent sous une plume allègre,avec tout l’allant en somme dont Dumas fera preuve quelquesannées plus tard dans ses romans les plus fameux.Longtemps introuvable, Le Capitaine Aréna paraît ici dans uneréédition soignée, accompagné d’une dizaine d’illustrations deC. Escher.