Tambours battant, codes, arcanes, souffles humains et petits chevaux caracolent dans le « chaos paisible » du monde où Julie Anselmini nous invite à entrer. Maison mentale ou rêve insaisissable, ce labyrinthe de « signes enchevêtrés » agite des « éléments-esprits », composant un lexique onirique singulier. Happés par la syntaxe et le rythme déroutants, nous plongeons dans le courant d’une langue inventive et sensuelle, guidés par des voix qui nous envoûtent autant qu’elles cherchent à nous semer. Les sensations, courbes et couleurs s’y déploient malicieusement, en miroir des œuvres de Jean-Louis Vincendeau dont la dimension allégorique et l’économie d’exécution renvoient au théâtre d’objets, à l’imaginaire de l’enfance et ses jeux, au « temps qui miroite à la surface ».