La vie sentimentale et politique de Mirabeau est étroitement liée à la ville d’Aix, qui fut le théâtre de son mariage et de sa séparation judiciaire. Elle lui permit de découvrir les limites de la séduction amoureuse, mais aussi et surtout l’infini pouvoir de son éloquence sur l’opinion populaire.C’est à Aix en effet que s’est révélé le « Démosthène français », qui a soulevé l’enthousiasme de ses électeurs, puis d’un pays entier. Orateur de génie, il fera entendre la voix de ce peuple composé, disait-il, de ses « commettans ». Quand il parle, il est le verbe, « la voix du monde nouveau » que les Aixois ont porté à l’Assemblée, « c’est 89 rayonnant et splendide qui se levait debout et qui interpellait, et qui accusait, et qui dénonçait à Dieu et aux hommes toutes les dates fatales de la monarchie », s’exclamait Victor Hugo.Cet ouvrage de l’Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d’Aix se veut comme un écho lointain « des voix chères qui se sont tues », un appel à la mémoire du lecteur, qui a peut-être oublié que notre ville a contribué à l’éclosion du talent de « l’homme de la liberté » que restera à jamais Mirabeau.