PRESQUE UN ROMAN
Tu dévales le cours d'eau, la petite rivière de ton enfance, dans de grands tuyaux en plastique transparent. L'eau borde les pierres sur le côté. Il y a un endroit où tu n'as jamais osé aller, de l'autre côté de la rivière, celui au sol tapi d'ail des ours qui recouvre le nid de vipères invisibles. Tu te dis que c'est là, à cet endroit, que se trouve ton inconscient, au beau milieu de ce terreau odorant, de ces nids de reptile, des fleurs blanches de la plante d'ail.