Notre nez peut-il appréhender de quoi demain sera fait ? ? C'est la question posée par le grand dossier de notre nouveau numéro. Littérature, neurosciences, art, histoire sont convoqués pour explorer les futurs possibles ou imaginaires de notre odorat et de ses avatars. Vous le sentez comment, vous, l'avenir ? Apaisant, angoissant, inodore... ? Et si notre odorat, connu pour être le sens de l'intuition ou du pressentiment, nous permettait d'avoir accès à des informations avant que celles-ci ne soient perceptibles par d'autres moyens ? Cette sentinelle sensorielle peut-elle prévoir ce que demain réserve à nos nez ? S'enverra-t-on des effluves de bord de mer ou de son dernier parfum avec un smartphone, comme on poste aujourd'hui des images et des sons ? Alors que le changement climatique n'a pas fini de bouleverser la biodiversité, l'engouement pour le " tout naturel " glissera-il progressivement vers le tout biotechnologique et artificiel ? Reste à savoir si les générations futures pourront encore sentir l'odeur des fleurs et des arbres. Afin que nos lointains descendants aient encore la chance de respirer et connaître les senteurs d'aujourd'hui, il est urgent de penser à une transmission de notre patrimoine olfactif, certes invisible, mais pourtant si central à notre humanité.