Art amateur Amateur d'art
Tout commence avec la main turquoise de Thomas Saint-Guillain (p. 5) et voila bientot une collection d'images bleuies par le temps de Charles Villa (p. 78), puis 3 500 ciels gracieux caches dans le noir d'Anne Jaffrenou (p. 118), enfindes corps peints couleur Avatar photographies par Pauline Hisbacq (p. 228). Un numero pique, cerne de bleu. Cette couleur primaire dans notre retine, qui resiste, s'entete, vers quoi nous mene-t-elle ? On aimerait alors demander a Jerome Pelegry s'il n'a pas eu envie un jour de donner des airs de Pierrot le Fou a un de ses portraits masculins, virage bleu sur visage blanc (p. 186). Le bleu, un drôle de pressentiment. Mais déjà d'autres couleurs s'agitent ; le vert, le rouge, le jaune, celles qui parent les emballages des produits d'Occident qu'Eddy Ekete connait bien, depuis son festival a Kinshasa, en RDC, ou il fait parader la puissance retorse de la consommation bariolée qui finit en déchets dans les rues saturées (p. 218). Il faudrait reprendre tous les pigments pour imaginer des mondes ou la couleur apaise, résout. Vivre dans celui de Josqlin (p. 132), par exemple. Ou dans les images fractales propices a la contemplation de Florian Coppier (p. 196). Ou bien vivre a l'ombre, tout simplement, dans un gris duveteux (p. 144). Pour vivre heureux.Carine Soyer / Rédactrice en chef