Une obsession de la compétition
L’obsession infantile des performances, du classement, du nombre de médailles, du dépassement des limites a largement franchi le cercle étroit des rares athlètes professionnels pour concerner désormais une très large partie de la population mondiale. Que ce soit en tant que pratiquants ou en tant que spectateurs voire supporters, des foules considérables d’individus placés sous perfusion constante des légendes et mythologies sportives fabriquées en série par l’industrie médiatique, sont poussés à croire qu’un record battu est l’ultime héroïsme humain, qu’une victoire en finale transcende les œuvres de l’esprit, qu’un exploit réalisé aux frontières de ce que peut le corps humain mérite adulation, même si la conduite est à l’évidence suicidaire. Ainsi s’opère la colonisation sportive du monde vécu, grâce à l’imprégnation constante de la vie quotidienne par les idées fixes des seuls sportifs?: gagner, triompher, éliminer, atteindre le top niveau et s’y maintenir le plus longtemps possible sous peine de relégation puis d’exclusion et enfin d’oubli.