Monnaies et substituts dans les Petites Antilles françaises (XVIIe-XIXe siècle)
Des monnaies multiples, une économie créative : plongez au cœur de l’histoire monétaire des Petites Antilles françaises et découvrez comment la monnaie, au carrefour des échanges mondiaux, façonne la société.« Il n’y a point d’endroit dans l’univers où les monnoies aient plus souvent varié qu’aux isles du vent », écrivait en 1786 Pierre Dessales, magistrat au Conseil supérieur de la Martinique. Et en effet, les chercheurs et lecteurs de l’histoire des Petites Antilles françaises sont souvent frappés par la multiplicité des monnaies qui y étaient usitées et y circulaient : monnaie de sucre,louis et écus de France, piastres ou gourdes d’Espagne, moëdes du Portugal fabriquées avec l’or du Brésil, escalins, sols tampés, mocos… Loin d’un espace de la « monnaie rare » comme on l’a longtemps écrit, les Antilles ont une monnaie à la fois complexe et créative qui accompagne ses défis économiques ; loin de n’être réservée qu’aux élites marchandes, elle pénètre toutes les catégories sociales, des petits habitants aux grands planteurs en passant par les soldats et les esclaves, participant à la promotion des uns et à l’émancipation des autres. La monnaie des Antilles, souvent originale pour ne pas dire unique dans ses formes, est étonnement autonome : elle est le fruit de la position des îles au carrefour des échanges mondialisés, génératrice d’un métissage des pratiques environnantes. C’est ce que cet ouvrage, tiré du mémoire d’habilitation à dirigé les recherches que Jérôme Jambu à soutenu à la Sorbonne en 2021, révèle au lecteur.