Réveillez la girl's girl qui sommeille en vous !Pick me, de l’anglais « choisis-moi » : terme apparu surles réseaux sociaux dans les années 2000 pour désigner les femmes qui dénigrentles autres femmes dans le but de gagner leur place dans le cœur des hommes.Imaginez. Vous êtes en 4e B, et vous sortez avec un garçonpour la première fois. Michel n’est ni le plus beau ni le plus intelligent,mais il a le mérite d’être là et de vous avoir repérée, vous. Mieux encore :alors que votre histoire devient sérieuse (ça fait déjà 4 jours), il vousannonce, le menton fier : « Toi t’es pas comme les autres filles. » C’est votretrophée. Le Graal. C’est drôle, d’être rassurée, voire enorgueillie par uncompliment qui envoie un énorme taquet à toutes les autres personnes de notregenre. Plus tard, ce sera dans la bouche d’un manager libidineux et incompétent,ou d’un énième date foireux rencontré sur Hinge.Pourquoi les pick me sont-elles si nombreuses ?Pourquoi cette petite phrase nous flatte-t-elle toujours autant ? J’avance l’hypothèseque ce pseudo-compliment-là vient exploiter les failles d’un ego fémininmalmené par des millénaires de misogynie intériorisée qui nous ont forcées àcroire que les femmes seraient par nature belliqueuses, chiantes etsuperficielles. Se vouloir « différente » des autres femmes, c’est accepterde la fermer pour ne pas faire d’ombre aux hommes. C'est troquer la puissancede la sororité contre un confort de survie illusoire. C’est se conditionner àl’antiféminisme. Arrêtez tout : cette relecture millennial ultra contemporainedu mythe de la rivalité féminine nous appelle avec style à revoir nosclassiques de la pop culture pour mieux réinvestir nos amitiés entre femmes,réveiller la girl’s girl qui sommeille en nous et répondre enfincollectivement : « Ne nous choisissez plus, on s’en charge. »