« La cour maudite » est le surnom d’une des plus sinistres geôles d’Istanbul. Le récit s'ouvre sur l'enterrement de Fra Petar, un moine bosniaque, et l'inventaire de ses biens, dont un journal relatant son expérience carcérale. Ce journal devient le fil conducteur de l'histoire, dévoilant la vie de Kamil, jeune intellectuel emprisonné pour des motifs politiques. À travers le regard de Kamil, Andric dresse le portrait de divers détenus : un prince déchu, un ancien bagnard devenu geôlier, des moines et des rêveurs, tous réunis dans ce microcosme où se mêlent destinées brisées et luttes intérieures. Le maître de la prison, Karagöz, figure autoritaire et manipulatrice, incarne l'arbitraire du pouvoir. À travers ce récit, Andric livre une réflexion profonde sur la vanité du monde et les travers de l'humanité, tout en offrant une méditation sur les rapports entre l'Orient et l'Occident.