Mes héros de la résilience
Par pudeur ou par souci d’intégration, mes parents n’ont jamais voulu me raconter leurs vies d’avant la guerre, ou si peu.Aujourd’hui, je mesure le leg que j’ai reçu pour le distribuer à mon tour. J’ai voulu savoir d’où je venais dans leurs histoires égarées, et cherché dans les témoignages discrets d’amis de complices, ces moments qu’ils voulaient oublier. J’ai du aussi traduire les silences qu’ils partageaient.Mon père est né en 1912, près de Vérone, dans la patrie du fascisme. Egrugé dès 1936, sa « mauvaise guerre » a durée 10 ans. L’Erythrée, l’Ecosse, puis la France, la Suisse et pas d’Italie pour l’accueillir.Ma mère, égarée à Couvin (Belgique) s’est éveillée en 1915 aux bruits des canons. Elle trainera jusqu’à son dernier jour, et dans son corps et dans son âme, l’opprobre de la vie qui ne voulait pas d’elle.Ils se sont rencontrés en 1946 pour cultiver la résilience, continuer à vivre, et nous apprendre à savourer chacun des jours que le soleil veut bien éclairer.Ce puzzle de témoignages, d’amours et d’horreurs raconte la vie d’avant et laisse la suave amertume m’envahir, le temps de la souvenance : Là d’où je viens !