Il n’y avait aucun humanisme chez Jeanne Alvarez, pas la moindre goutte d’empathie. Elle ne croyait qu’au rationnel, au pragmatisme. Lorsqu’elle a dressé à la télévision la liste des problèmes qu’elle allait régler, le regard et le ton ont convaincu le public qu’on pouvait la croire. C’est ainsi qu’elle a été élue à la présidence de la République. Et les militaires se sont dit que, pour une fois, il y avait au pouvoir quelqu’un qu’il fallait aider parce que c’était sûrement la dernière chance pour le pays. Il fallait d’abord suspendre le fonctionnement des institutions républicaines : plus de Conseil constitutionnel, de Conseil d’État ni de juges révolutionnaires, pas plus que de Parlement, le temps de remettre la France debout.Les Français ont alors découvert non pas les vertus, mais l’efficacité de la dictature dans le refus de l’immigration, la lutte contre le narcotrafic, la répression de la délinquance et la gabegie au sein de certains services publics. Auront-ils envie de continuer ?