Il y a des gestes qui relient les mondes, des silences qui soignent mieux que les mots.Imaya vit dans cet entre-deux, là où la vie et la mort se frôlent sans s’affronter. Le dernier geste de soin n’est pas un détail. La femme lave les corps que la vie vient de quitter, un art ancien qui relie les vivants aux morts.Des gestes minuscules qui maintiennent le monde debout, son monde avant tout. Car Imaya apprivoise le manque, affronte sa colère et tente de redonner du sens à l’ordinaire après la mort de son bébé.Roman de l’intime et du vivant, Imaya parle de ce qui ne se dit pas : le corps après la perte d’un enfant, la colère qui protège et la lente réparation. Le récit quotidien d’une femme qu’aujourd’hui on appellerait « croque-mort ». Une lumière obstinée circule dans chacun des mots, douce, presque imperceptible, comme un battement revenu du fond des choses. L’occasion de se relier au passé pour donner du sens au présent. Ce roman est une immersion dans l’intime de la perte et du soin. Il explore ce territoire où la fin et le recommencement ne s’opposent pas mais se répondent.