« Mi paria di senta bociâ?- » c’est avec ces quelques mots que j’ai compris la constance et l’importance de la perception des mondes qui nous entourent dans cet entrelacs qui les caractérisent. Le récit est simple, issu d’un vécu quotidien lié à des pratiques ancestrales qui demandent d’arpenter un territoire à la fois connu, familier, et ouvert sur un ailleurs parfois insoupçonné pour qui est peu enclin au spirituel. Il est pourtant clair « j’avais l’impression d’entendre des voix â?- », ce qui signifie que le raisonnable perd pied et laisse place au sensoriel de manière tout à fait consciente. Le moment, décrit par mon père parti à la chasse et traversant un lieu nommé de manière éloquente comme souvent illustre cette connexion entre le monde des hommes et celui des morts. Cet ouvrage présente un ensemble de récits relatif au fonds mythologique insulaire enregistrés et transcrits depuis une vingtaine d’années et propose une approche de la mort et de l’autre Monde en Corse par le biais de nombreux « récits mythiques » retranscrits en langue corse et accompagnés d’une traduction afin d’être compris par le plus grand nombre de lecteurs. Il s’agit, au-delà d’une restitution, de présenter de manière scientifique à la fois ce que peuvent représenter ces récits dans la construction de l’imaginaire insulaire, mais aussi de mettre en évidence la relation au monde invisible et par là même la compréhension de la mort qui en découle.